L’exploitation du sel à Salin de Giraud

« Salin-de-Giraud vous accueille d’abord par une apparition : l’horizon se fait miroir, une étendue aveuglante de blanc qui s’étire à perte de vue. Mais ce qui m’a saisie, ce qui m’a touchée au plus profond, ce sont ces marques du labeur humain gravées dans le paysage ces cicatrices de sel, ces sillons où l’homme a dompté la terre pour en extraire sa richesse. Et parmi elles, cette excavatrice rouillée, patinée par les soleils et les vents, figée devant sa montagne de blancheur immaculée. Elle n’est plus qu’un squelette de métal, mais son silence parle encore. Il parle des sauniers, de leurs mains calleuses, de leur courage face à l’ardeur du Midi, de leur patience devant l’éternel recommencement du travail. Ces clichés est un hommage à cette alliance unique : la rigueur de l’industrie et la poésie sauvage de Camargue, où l’homme et la nature, malgré tout, ont appris à coexister. Une beauté qui résiste, aussi tenace que le sel. »

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Lʼactivité de saliculture à Salin de Giraud a été instaurée en 1855 par Henri Merle, qui allait devenir le fondateur de Péchiney et Cie. Ce dernier a mis en place cette industrie pour répondre aux exigences de lʼindustrie chimique de Salindres, située près dʼAlès, connue pour sa production de soude caustique. Séduits par les ores présentées, de nombreux immigrants, y compris des Grecs, Arméniens et Italiens, ne tarderont pas à être recrutés. Après la Seconde Guerre mondiale, la population cosmopolite travaillait dans les salines, composée d’Espagnols et de Maghrébins.

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Les eaux sont extraites directement de la mer grâce à des pompes qui puisent dans le golfe de Beauduc, de mars à septembre, puis ces dernières sont amenées à une saturation en chlorure de sodium.

Ces bassins aménagés par des cloisons sont utilisés par les saliniers pour faire circuler ces eaux. C’est le niveau d’eau qui détermine la rapidité de la concentration par évaporation. La moisson se fait de fin août à début octobre afin d’exploiter l’évaporation et d’éviter les précipitations d’automne.

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Lʼagglomération se structure. Une entreprise belge importe son modèle architectural basé sur deux quartiers distincts, dérivés des deux firmes, Solvay et Pechiney. Les travailleurs pouvaient donc être logés sur site, dans des ensembles imitant le style des corons miniers (habitations d’ouvriers bâties en lignes).Les Grecs, arrivés entre les deux conflits mondiaux, se sont établis grâce à la réunification familiale. Tout en s’intégrant dans la communauté du village, ils ont préservé leurs traditions et leur foi. Une église dédiée au culte orthodoxe a été édifiée en 1952.

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Mention légale